VINCENT C. (s.d.). « Apprendre la philosophie » URL : https://apprendrelaphilosophie.com
Pour qu’il y ait religion, il faut qu’il y ait une croyance commune à un groupe d’individus.
Croyance : fait de tenir quelque chose pour vrai sans avoir nécessairement de preuve.
La religion a deux caractéristiques absolument liées :
La science peut-elle se substituer à la religion ?
Une société sans religion est-elle possible ?
Est-il possible de croire en Dieu ?
Pour Comte, historiquement parlant, l’humanité passe par trois stades. Lorsque l’humanité est dans son enfance, elle est au stade théologique (religieux). Quand elle rentre dans son adolescence, l’humanité passe au stade métaphysique ; et quand l’humanité atteint sa maturité historique, elle est au stade de ce qu’Auguste Comte qualifie d’Age Positif ou stade scientifique. Quand l’humanité est dans son enfance, au stade théologique, l’’homme recherche la cause de l’existence de l’univers et de ses phénomènes dans la volonté des dieux et des esprits ou d’un Dieu. Puis, au XIXème siècle, il y a apparition de l’état scientifique. Le hommes renoncent au questionnement sur le pourquoi, le sens choses au profit du questionnement sur le comment. Comte a donc cru qu’avec le progres scientifique et technique, l’’homme ne se poserait plus de questions sur le pourquoi des choses, mais plus que sur le comment des phénomènes. La religion serait balayée à l’âge positif par la science.
« RAS. »
Pour Pascal, la religion ne peut remplacer la science car certaines choses échappent à notre raison. Pour lui, il faut distinguer ce qui relève de la raison et ce qui relève du cœur (sentiment). Notre raison est limitée. Donc des choses que nous ne pouvons pas saisir ou comprendre avec notre raison. On ne peut finalement en faire l’expérience que par le cœur. Ce serait le cas de Dieu, on ne pourrait que croire en Dieu et le saisir par le cœur. C’est pourquoi il dit :
«Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. »
Pascal, Pensées
Pour Freud, l’homme sera un jour capable de se débarrasser des croyances religieuses lorsqu’il aura atteint la maturité lui permettant de n’avoir plus besoin d’illusions rassurantes. Si les hommes croient en Dieu, selon lui, c’est parce qu’ils gardent comme l’enfant, le besoin de se protéger en étant adulte. En effet, ils imaginent alors un père tout puissant qui les protège. Ils ont également besoin que le monde soit juste et ils imaginent donc qu’une justice divine punit les injustices laissées sans châtiment dans le monde terreste.
« Mais le stade de l’infantilisme n’est-il pas destiné à être dépassé ? L’homme ne peut pas éternellement demeurer un enfant, il lui faut enfin s’aventurer dans l’univers hostile. [..] Vous craignez sans doute que l’homme ne supporte pas cette rude épreuve ? Cependant, espérons toujours. L’homme n’est pas dénué de toute ressource ; depuis le temps du déluge, sa science lui a beaucoup appris et accroîtra encore davantage sa puissance. Et en ce qui touche aux grandes nécessités que comporte le destin, nécessités auxquelles il n’est pas de remède, l’homme apprendra à les subir avec résignation. »
Sigmund Freud, L’Avenir d’une illusion (1927)
Selon Durkheim, la religion ne disparaîtra pas des sociétés, car la religion ne fait pas qu’apporter des connaissances. Si c’était le cas, on pourrait envisager qu’elle soit remplacée par les sciences. La religion donne la force de vivre, celui qui a foi, a plus de force pour supporter ou vaincre les difficultés de l’existence. Il se croit sauvé du mal, a l’assurance qu’il peut gagner son salut et cela lui donne force et espoir.
« la vraie fonction de la religion n’est pas de nous faire penser, d’enrichir notre connaissance, d’ajouter aux représentations que nous devons à la science des représentations d’une autre origine et d’un autre caractère, mais de nous faire agir, de nous aider à vivre. »
Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse
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Les hommes ont l’habitude d’agir en se donnant un but qui correspond à une chose qui leur est utile et qu’ils désirent pour cette raison. Par conséquent, ils projettent cette manière de penser sur le monde en cherchant pour toute chose dans quel but elle a été créée. Cette manière de penser que les choses existent en vue d’une fin s’appelle le « finaliime ». Spinoza reproche aux hommes d’interpréter la nature selon ce finalisme, alors que la vraie connaissance enseigne que les choses naturelles sont soumises aux lois de la nature, et non qu’elles ont été en vue d’un hypothétique but. Spinoza poursuit en disant que les hommes croient que, puisque les choses naturelles qui les entourent leur sont utiles, elles ont été fabriquées pour eux, autrement dit pour satisfaire leurs besoins. Or, en poursuivant ce raisonnement, ils sont conduits à supposer que ce sont des puissances supérieures (des Dieux) qui les ont créées : en effet, puisqu’ils ne sont pas eux-mêmes à l’origine de ces choses, ils supposent qu’elles ont été fabriquées à leur usage par des Dieux. Enfin, puisque les hommes ne savent rien des Dieux, ils vont les concevoir à leur image, en leur attribuant leurs propriétés. Spinoza critique ici l’anthropomorphisme qui consiste à prêter une forme humaine ou des propriétés humaines à quelque chose qui n’est pas humain.
« RAS. »
Pascal, fervent chrétien, cherche à faire douter les athées ou incrédules. A ses yeux, nous pouvons considérer qu’il est raisonnable ou rationnel de croire en Dieu car finalement si Dieu existe, il vaut mieux croire en Dieu car sinon nous risquons l’enfer. En revanche, s’il n’existe pas, y avoir cru n’a pas d’eftet négatif. C’est ce que l’on appelle le pari de Pascal. Il remarque qu’il y a plus davantage à parier sur l’existence de Dieu que sur son inexistence.
« Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas Vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter. »
Pascal, Pensées, $397
On peut considérer qu’il déraisonnable de croire en Dieu car cela ne sert pas nos intérêts en tant qu’être humain. Marx montre ainsi dans Le Capital, que la religion est « l’opium du peuple » c’est-à-dire que c’est une substance qui anesthésie les hommes et les empêche de penser à leurs malheurs et à leurs mauvaises conditions de travail. Pour Marx, la religion encourage les ouvriers à se laisser exploiter car ils espèrent avoir une meilleure vie dans l’au-delà. Ils ne cherchent alors pas à améliorer leur sort présent et ne se révoltent pas. Ainsi, la religion est un moyen que peuvent utiliser les capitalistes pour exploiter les ouvriers et faire en sorte qu’ils supportent leur sort sans se révolter.
« La religion est l’opium du peuple. Abolir la religion en tant que bonheur illusoire du peuple, c’est exiger son bonheur réel. Exiger qu’il renonce aux illusions sur sa situation, c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusions. »
Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel
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